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 Prochaine sortie le 19 avril, sortie à Kirchberg,voir le programme dans la rubrique Sorties.


 
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Texte à méditer :  

"C'est à chaque homme de décider s'il marchera dans la lumière de l'altruisme
ou dans les ténèbres de l'égoïsme destructeur."
  
Martin Luther King

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Le Chemin autrement : Ma « Via Tolosana » en quatre roues  
 Le Chemin autrement : Ma « Via Tolosana » en quatre roues 
On dit souvent que le Chemin commence à la porte de sa maison. Pour moi, après une opération du col du fémur, il a failli s’arrêter au seuil de l’imaginaire. Mais le chemin est une boussole qui ignore les boiteries. Puisque mes jambes me trahissaient, c’est à bord d’un mini-van aménagé que nous avons rallié Toulouse à Puente la Reina. Une itinérance singulière, au plus près du chemin de Saint Jacques et de la poussière, pour poursuivre notre itinérance avec Christine et Roméo.
Un ballet logistique et spirituel
Le départ de Toulouse a scellé notre pacte.
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Tandis que les cloches de la Basilique Saint-Sernin s’effaçaient dans le rétroviseur, nous avons plongé vers l’ouest.
Mon rôle était celui du guetteur, du logistique bienveillant. Chaque matin, je les déposais au détour d’un sentier fleuri du Gers ou sur les hauteurs pyrénéennes. Tandis qu’ils foulaient la terre, je devançais leurs pas pour débusquer le point de chute idéal.
L’Isle-Jourdain, puis sous la silhouette imposante de la cathédrale de Auch, j'ai découvert le luxe de l'attente, un luxe rare : celui de l’observation immobile. En attendant mes pèlerins, j’ai vu passer l’ombre des nuages sur les champs de tournesols et écouté le silence des églises de briques rouges.
Sous les étoiles, sans entraves
La remontée de la vallée d’Aspe fut le moment de vérité. A Oloron-Sainte-Marie, la transition est brutale. Le moteur a vrombi pour franchir le Col du Somport. Là, à 1632 mètres d’altitude, la frontière n’est plus qu’une ligne de vent. J'ai garé le van sur le plateau, au plus près des ruines de l'ancien hôpital de Santa Cristina.  Ce soir-là, nous avons dormi sous une voûte étoilée d’une pureté absolue, loin des ronflements des dortoirs, bercés par le tintement des clarines, avec un réveil face aux sommets embrumés, où le café fumant accompagnait le lever du soleil.
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Le mini-van est devenu notre ermitage mobile. Il nous a permis d’effleurer la trace de Saint-Jacques tout en nous offrant des bivouacs d’exception. Pas besoin de réserver un gîte : notre fenêtre ouvrait chaque soir sur un nouveau tableau.
La confluence de Puente la Reina
L’entrée en Espagne a changé la lumière. Les ocres de l’Aragon ont remplacé le vert du Béarn. Nous avons fait halte à Jaca, puis longé les eaux turquoise du lac de Yesa jusqu’au monastère de Leyre. Le van nous permettait ces crochets spirituels, inaccessibles aux marcheurs pressés par l’étape.
Lorsque nous avons atteint Puente la Reina, là où tous les chemins se fondent en un seul, en voyant ma femme et notre chien traverser le célèbre pont médiéval aux six arches, j’ai ressenti une victoire partagée. Ma blessure n’avait pas été un obstacle, mais une invitation à une autre forme de pèlerinage, ma convalescence n’était plus une barrière, mais une autre manière d’aimer le Chemin.
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Nous n’avons pas « fait » le chemin, nous l’avons habité. Entre les quatre parois de notre van et l’horizon sans fin, Saint-Jacques nous a prouvé que la destination importe moins que la manière dont on prend soin de ceux qui marchent à nos côtés. 
J’ai compris que le pèlerinage est avant tout une affaire de partage. On ne marche pas seulement avec ses pieds, on voyage avec son cœur, et parfois, avec un moteur.
Frédéric et Christine
Publié le 2026/03/25 # 13:28   | |


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