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Témoignages

La Via de la Plata
(Jean-Paul Ehrismann)

Depuis deux ans l'idée est là. Elle est née sur le Camino des Frances en Espagne en 2010. Ses ondes viennent à intervalles réguliers à la surface dessiner des ronds dans l'eau de la vie quotidienne : cheminer sur la Via de la Plata en Espagne. Un chemin qui vient de loin, affublé d'un nom aux sonorités argentées, un chemin qui va droit à but, en ligne droite, du Sud au Nord, un chemin chargé d'Histoire et d'histoires, un vecteur de civilisations. Séville, Zafra, Caceres, Mérida, Salamanca, Zamora, Astorga, villes mythiques qui continuent de rayonner de leur gloire passée. Prendre le chemin qui les relie. Découvrir sous la poussière du chemin la poussière des siècles. Voilà l'objet du désir.

Faire également, à l'instar des expériences précédentes, une sortie du temps. Aller vers la simplicité. Répondre à la force de l'appel par excellence. Abandonner le temps du Chronos qui dévore ses enfants. Abandonner pour un moment le tic-tac de nos habitudes quotidiennes. Suspendre un instant le temps du flux tendu. Laisser advenir le présent. Faire une chose qui ne sert à rien : marcher. Tenter de trouver la porte du Kairos, le temps de l'abandon, du bon moment, le temps du devenir intérieur. Devenir, rencontrer, partager. Être.

L'émotion est présente avant même d'avoir fait le premier pas. Le programme est divers et varié. Il passe par l'ombre et la lumière. La lumière serait la beauté sauvage de ses paysages, la terre généreuse non contrainte par un souci de rendement à tout prix, les villes qui affichent leur passé sans ostentation, les édifices, églises, cathédrales que le lumière habille si bien, les fêtes qui s'y déroulent, les pages d'Histoire feuilletées, la rencontre de la population digne et fière, l'écho d'une époque lointaine et dont nous sommes pourtant aussi les héritiers.

Si je parle d'ombre ce n'est que pour la figure de style. En effet tout ce que je pourrais citer sont des éléments qui ajoutent à la beauté du tableau, à son caractère unique, au plaisir qu'on a à y être confronté et à les apprivoiser. Parmi celles-ci -ce fut une grande surprise- la rigueur climatique. Le froid sur une grande partie du chemin, la pluie épisodiquement, le vent. Les maisons en Espagne sont conçue pour se protéger de la chaleur et non du froid. Je cite aussi la longueur de certaines étapes, due à l'absence de villages traversés, le caractères rudimentaires de certaines alberges, la rencontre de canidés dont on n'est jamais sûr que vos mollets ne vont pas les intéresser, sans parler des taureaux dont on partage l'enclos le temps de le traverser.

"On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va." La formule est de Christophe Colomb. Toute déférence gardée envers le découvreur des "Indes", elle pourrait s'appliquer au cheminant qui s'engage sur la Via de la Plata. Son chemin passe par son mausolée qui se trouve dans la cathédrale de Séville.

La cathédrale est le kilomètre zéro du chemin long de plus de 700 km débuté la Samedi Saint. Ce n'est pas du tout un hasard d'avoir ciblé la Semena Santa pour démarrer la pérégrination. Rares sont ceux qui ignorent encore que Séville est le lieu de manifestations religieuses qui ont les rues de la ville comme théâtre. Il s'agit essentiellement de processions destinées à illustrer la Passion du Christ sous les yeux de sa mère la Vierge Marie tous les jours de la semaine Sainte du dimanche des Rameaux à Pâques. La cathédrale, comme toutes les églises ont leurs confréries, fortes au total de plusieurs dizaines de milliers de personnes. Celles-ci sont les chevilles ouvrières de la soixantaine de processions qui se déroulent durant les 8 jours.

Il est difficile de rester insensible au spectacle de la marée humaine ondulante à l'intérieure de laquelle se déplacent en tanguant, tels deux lourds radeaux chargés de fleurs et de bougies, la figure du Christ suivie de celle de Marie. Les deux esquifs sont reliés et précédés par le cortège des pénitents portant des flambeaux. Sonnerie de cloches, roulements de tambours, musique de fanfare, applaudissement de la foule, cris d'exultation, encens, cierges, pétales de roses tombant en pluie ajoutent à la solennité du moment.

On peut se sentir transporté des siècles en arrière tant le spectacle de ferveur populaire est intense et sincère, tant les rites sont imprégnés d'un dolorisme suranné, tant l'étrangeté des pénitents renvoie à des pratiques d'expiation d'un autre âge, tant les fidèles assistent transis de béate admiration, voire submergés par l'émotion, au passage des cortèges.

Le jour de Pâques, au terme de la première étape, à Guillena, une petite localité comparée à Séville, la fanfare tire les dormeurs du lit. Elle annonce la résurrection et appelle les fidèles à fêter l'événement en assistant à la procession du même nom. L'absence de touristes fait prendre à la manifestation un tout autre sens et j'avoue avoir à plusieurs reprises la chair de poule. Mes gênes abondamment imprégnés de culture religieuse catholique traditionnelle, rurale et alsacienne dans les années après guerre (messe tous les matins avant l'école, enfant de chœur et plus tard sacristain) prennent ici un bain de jouvence.

Je conçois qu'on puisse rester sceptique devant ces manifestations exubérantes, surtout quand on aperçoit que la municipalité de Séville a installé le long des parcours des barricades derrières lesquelles sont disposés des sièges payants pour les touristes. Religion et spectacle feraient-ils bon ménage? Je confesse que c'est là plutôt l'opinion des européens du nord dont la sensibilité n'est pas nourrie par des siècles de tradition et de culture méditerranéennes. Après tout, le plus important n'est-il pas que le Bon Dieu y trouve son compte?

Séville (powerpoint de JP Ehrismann)*

* Powerpoint de 5 mo: le chargement peut prendre plusieurs minutes si vous avez une connexion à bas débit.


Amitiés.

Jean-Paul Ehrismann




Témoignages


Sur le chemin de Caceres
(Jean-Paul Ehrismann)

Message du 18 avril 2012:

40 km à travers les superbes paysages de la province de Caceres pour arriver dans le joyau de la vieille ville.

A nouveau il me faut sortir l'attirail des superlatifs (et ce ne sera pas la dernière fois). A plusieurs reprises, au courant de la journée, je me suis arrêté au spectacle des paysages qui s'offrait à moi. A haute voix j'ai exprimé la joie que j'avais à être en chemin, à me trouver sous la voûte céleste qui descend jusqu'à l'horizon, à suivre le ballet des nuages, à remplir mes yeux à satiété de couleurs et de lumière et à rendre hommage au Créateur pour tant de beauté.

C'est à ce moment-là que sous mes pas, une pierre du chemin me fait signe! Elle est en bonne place dans la galerie des photos. A quelques encablures de Caceres mon regard se porte vers elle. Hasard nécessaire? Ma déclaration enflammée au paysage qui m'entoure et me contient et l'apparition concomitante de cette pierre ouvre la porte sur ce qui dès mon enfance m'a émerveillé. La réalité concrète et le monde de l'imaginaire ont plus d'affinité que ce que les apparences veulent bien nous laisser croire. J'aime l'irruption de l'inattendu dans nos vies, de tels cadeaux se trouvent sur notre chemin. A nous de les cueillir et d'enrichir le roman de notre vie. Cela peut être une personne. Qui ne se souvient pas d'une personne qui a profondément influé sur ses choix de vie? Cela peut être un lieu, un livre, une musique ou un film. Je me souviens avec émotion du film de P Pasolini : Théorème qui m'a interpelé. L'apparition dans une famille bourgeoise engluée dans les conventions sociales et les difficultés relationnelles d'un jeune homme beau comme un ange qui va, du simple fait de sa présence et de la rencontre à tour de rôle de chacun des membres de la famille, les transformer, les transfigurer en leur révélant leur moi profond. En attendant ce sont les contours de la ville de Caceres qui se révèlent dans le lointain.

PJ : Pour ceux qui voudraient en savoir plus, ouvrez les documents Word et Powerpoint en annexe ci-dessous.

Via de Zafra à Mérida (Document Word)

Sur le chemin de Caceres (Powerpoint de JP Ehrismann)*

* Powerpoint de 5 mo: le chargement peut prendre plusieurs minutes si vous avez une connexion à bas débit.



Témoignages


De Caceres à Salamanque
(Jean-Paul Ehrismann)

Message du 22 avril 2012:

Aux lueurs de l'aube je me trouve au col de Bejar - pas de neige, les seuls flocons sont les pétales de rares arbres fruitiers qui y croissent - ai remercié le ciel pour cette journée pleine de promesses (allusion aux élections présidentielles françaises qui se déroulent en ce jour) réponse M : A nouveau les pêchers neigent leur neige rose que picorent les grives - odeur du buis lustré par la pluie - nous élisons notre président.

Election présidentielle en France.

Ca y est me voilà percé à jour. Que fais-je en Espagne un jour où la France entière communie dans un élan de ferveur démocratique en vue d'élire son Président ? Mettons qu'à la campagne présidentielle française ma préférence allait à la campagne espagnole.

La sortie de Baños se fait aux lueurs grises de l'aube. Le col de Bejar est vite atteint et soudain le soleil malgré sa timidité matinale commence à faire ses gammes. Pas un chat à cette heure pour en admirer la mélodie. Ah, si une cigogne. Le calme, la paix, de l'espace, loin du tumulte citadin et du tourbillon médiatique. On respire, on marche, on est à la rencontre de soi.

Un coup d'œil en arrière fait découvrir le sommet des montagnes revêtus de blanc. C'est une agréable surprise et un plus indéniable pour les photos.

Des villages dotés de noms aux sonorités musicales rythment le parcours. Valdelacasa et Valverde de Valdelacasa. Puis c'est Fuenterroble de Salvatierra, un petit village qui ne paye pas de mine. Le refuge jouit d’une excellente réputation. Pas un guide que ne le mentionne et pour cause. L'âme du lieu n'est autre que le père don Blas (Rodriguez) qui ne ménage pas sa peine 365 jours pas an, quasiment 24 h sur 24 au service de l'Eglise, des paroissiens et des pèlerins depuis de longues années. Une telle disponibilité, une telle ouverture, un tel sens du don au service d'autrui sont tout bonnement exceptionnels. Qu'on le qualifie de saint homme lui déplairait foncièrement. Alors que cela reste entre nous. Depuis quelque temps il se fait assister par des hospitaleros bénévoles. Il vous accueille sur le pas de la porte comme s'il n'attendait que vous. Il vous donne l'impression que vous êtes la personne la plus importante du monde. En quelques mots il va à l'essentiel tout en vous faisant faire le tour du propriétaire. Dès l'entrée le ton est donné, un panneau affiche : "J’ai donné des ordres à mes anges, pour qu’ils te protègent sur le chemin." Les différentes chambres sont dotées de décoration dont le caractère artistique est indéniable. Peintures murales et tableaux essentiellement d'inspiration religieuse. Difficile de refuser l'invitation à la messe en fin d'après-midi. Toutes religions, toutes nationalités y trouvent leur compte tant son œcuménisme est avéré. Avec un accueil d'une telle chaleur, le froid du dortoir sans chauffage est largement compensé. 2°C au petit matin !

PJ : Pour ceux qui voudraient en savoir plus, ouvrez les documents Word et Powerpoint en annexe ci-dessous.

De Caceres à Salamanque (Document Word)

De Caceres à Salamanque (Powerpoint de JP Ehrismann)*

* Powerpoint de 5 mo: le chargement peut prendre plusieurs minutes si vous avez une connexion à bas débit.



Témoignages


Sur le chemin de Salamanque à Astorga
(Jean-Paul Ehrismann)

Bonjour,

Suite des aventures espagnoles de ce printemps. Deux pour le prix d'une. J'espère ne pas vous avoir fatigués. Les quelques retours que j'ai eu pour les épisodes précédents m'ont encouragé à continuer. Voici donc les épisodes :

Salamanque

Salamanque (Document Word)

Salamanque (Powerpoint de JP Ehrismann)*

De Salamanque à Astorga

De Salamanque à Astorga (Document Word)

De Salamanque à Astorga (Powerpoint de JP Ehrismann)*

* Powerpoint de 5 mo: le chargement peut prendre plusieurs minutes si vous avez une connexion à bas débit.



Amis,

Vous qui m'avez accompagné le long de la via de la Plata à travers mes récits et photos, voila un petit complément que vous connaissez déjà sous forme photographique. Grâce à l'aimable et compétente aide de André, le voilà sonorisé.

La musique est une musique de circonstance. Des orchestres accompagnent les processions de Pâques - ici à Guillena. Elle a ce caractère solennel et entraînant qui fait battre le coeur et mettre spontanément un pied devant l'autre (ou battre la mesure avec son pied quand on est assis sur sa chaise).

PPS sonore (Powerpoint de JP Ehrismann)*

Encore bon été et à bientôt pour de nouvelles aventures, si le coeur vous en dit.

Amitiés.

Jean-Paul Ehrismann






Mise à jour  15/10/2012